Si reconnaître la douleur est la première étape de sa prise en charge
l’évaluer est sans aucun doute la meilleure façon d’adapter les moyens
mis en oeuvre pour la soulager ou la prévenir.
Évaluer la douleur chez l’enfant n’est pas toujours simple, plusieurs manifestations
telles que l’anxiété, la faim, la séparation d’avec les parents
peuvent parasiter la perception de l’évaluateur. L’écoute attentive de
l’enfant et de ses parents, l’observation clinique infirmière, la comparaison
avec un enfant sain du même âge et la vérification objective de ces
observations grâce à l’utilisation d’outils sont les bases de l’évaluation. Le
soignant doit être attentif à des modifications de comportement qui traduisent
parfois de la douleur. Exemples : l’agitation importante ou le manque
d’expressivité, le désintérêt pour le monde extérieur, la lenteur et la
rareté des mouvements.
Le socle de l’évaluation de la douleur de l’enfant peut être résumé en trois
verbes : observer, comparer et vérifier.
Il existe des outils d’évaluation validés pour la douleur aiguë et prolongée,
adaptés à l’âge et à l’état de l’enfant, qui confirment l’observation
du soignant. L’équipe soignante doit se les approprier comme des outils
de travail. L’auto-évaluation (évaluation par l’enfant lui-même) sera privilégiée
chaque fois que cela est possible, selon les capacités cognitives
de l’enfant. Lorsque cette auto-évaluation n’est pas possible, on utilisera
les outils d’hétéro-évaluation (l’évaluation est réalisée par un tiers : soignant
ou famille).
L’évaluation de la douleur doit faire partie des paramètres que tout soignant
surveille systématiquement au même titre que les autres constantes
(température, pression artérielle, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire…).
Il est indispensable de noter le résultat dans le dossier de soin.
Une ligne réservée à l’inscription de l’évaluation de la douleur au sein du
diagramme de soin en facilite l’inscription systématique.
La fréquence de l’évaluation dépend de chaque situation ; elle est effectuée
au moins une fois par équipe, à chaque changement ou modification
de comportement de l’enfant et de traitement. La douleur lors des soins
doit elle aussi faire l’objet d’une évaluation.
Les parents peuvent participer à cette démarche car ce sont eux qui
connaissent le mieux leur enfant.
Rappel des principaux outils d’évaluation
Auto-évaluation : Échelle Visuelle Analogique (EVA), Échelle Numérique
Simple (ENS), Échelle Verbale Simple (EVS), Poker Chips (jetons), algocubes,
Échelle des Visages (FPS-R).
Hétéro-évaluation : Children’s Hospital of Eastern Ontario Pain Scale
(CHEOPS), Douleur Aiguë Nouveau-né (DAN), Échelle Douleur Inconfort
du Nouveau-né (EDIN), Premature Infant Pain Profile (PIPP), Amiel-Tison
inversée, Objective Pain Scale (OPS), Neonatal Facial Coding System (NFCS)
abrégée, FLACC (Face, Legs, Activity, Cry, Consolability), Échelle San Salvadour
(DESS enfant polyhandicapé), Douleur Échelle Gustave Roussy
(DEGR : enfant douloureux chronique), Hétéro-Évaluation Douleur Enfant
(HEDEN : échelle DEGR simplifiée), EVENDOL (Évaluation Enfant Douleur).
« L’EVA, remplie par un soignant expérimenté ou un parent, constitue une
alternative à l’emploi d’une échelle d’hétéro-évaluation chez l’enfant âgé
de moins de 4 ans, en sachant toutefois que sa validité est moins bonne
que celle des échelles citées précédemment





ليست هناك تعليقات:
إرسال تعليق